29 juin 2017

7ème jour :

La matinée débute avec le réquisitoire du ministère public :

L’avocat Général indique que rien ne pouvait laisser présager que ces deux personnes se retrouveraient un jour dans le box des accusés. Jusqu’en 2012 leur parcours professionnel est une réussite. Aujourd’hui ils doivent rendre des comptes devant la société.

Divers éléments accusent Redouane Ikil, notamment celui-ci : “Le crime de Bellefontaine suppose la connaissance des lieux et des personnes. Il fallait savoir que la caissière arrivait plus tôt, seule jusqu’à 7h30. Elle venait bénévolement pour ne pas pénaliser les clients.” L’avocat général indique que le braquage de St Cyprien est important pour le préjudice qu’il a causé aux victimes. Autre fait : Redouane Ikil n’a pas prévenu sa hiérarchie suite à l’agression qu’il a subi à son domicile pour lui extorquer le plan du bureau de St Cyprien, car il a peur des représailles sur sa famille. D’après l’avocat général, il n’avait rien à craindre car La Poste l’aurait protégé, comme elle protège ses employés.

Pour l’avocat général, l’essentiel ce sont les victimes : Pour Élisabeth, la peur d’être brulée vive. Pour Françoise, c’est l’atrocité de l’agression, même pas de pitié pour les enfants. Pour le père, la culpabilité de ne pas avoir pu protéger sa famille.

“Pour les deux accusés nous demandons la même  peine : 30 ans” , pour extorsion de fonds, en bande organisée avec préméditation, “si l’un a exécuté l’autre a commandé”.

Commentaires UNSA-Postes: Si La Poste avait correctement protégé ses employé(e)s… ce procès n’aurait peut-être jamais eu lieu. La réelle prise en compte de la charge de travail effectuée par les caissières, une ouverture à deux…, auraient sans doute rendues ces agressions plus difficiles à réaliser, voire les aurait empêchées.

Reprise du procès 13h30

Plaidoirie des avocats de Fabien Detcha :

L’avocat de Fabien Djetcha demande aux jurés s’ils sont sûrs qu’il était chez Françoise? “S’ils ne sont pas sûrs à 200 %, s’il subsiste l’ombre d’un doute, il doit profiter à l’accusé.”

Pour le défenseur de Djetcha, les différents témoignages tendent à prouver que ce n’était pas lui qui était dans le bureau de poste avec Françoise,  il a servi de leurre pour que les vrais agresseurs puissent s’échapper pendant que la police lui courrait après.

Elisabeth ne peut pas décrire son agresseur. La seule chose que l’on peut retenir c’est que l’accusé a été intercepté à proximité du bureau de poste.

Comment a-t-il pu accepter de participer à cette opération? Pour l’avocate, il a accompagné sa mère en fin de vie, et à ce moment-là, il est fragilisé, et n’est plus en capacité de réfléchir. L’avocate demande aux jurés de donner à Djetcha une peine juste.

Plaidoiries des avocats de Redouane Ikil :

L’avocate de Redouane Ikil démonte un par un les arguments développés par l’avocat général ce matin. La plupart des renseignements qui auraient pu servir aux braquages, vous les trouvez sur le site de La Poste. Il n’y a pas de preuves, que des hypothèses de l’avocat général.

Le deuxième avocat joue sur la corde sensible des jurés. Lui aussi rajoute des éléments tendant à démontrer que c’est un acharnement contre son client. Maitre Martial demande aux jurés de prononcer l’acquittement pour Redouane Ikil. Maitre Cohen Saban rappelle aux jurés qu’ils ont preté serment et qu’ils n’ont pas le droit de condamner Redouane Ikil faute de preuves suffisantes.

Les victimes attendent le jugement qui sera rendu demain, mais elles savent déjà que quel que soit le verdict, il ne leur rendra pas leur vie d’avant.