Article “Le Télégramme” du 8 juin 2017

« Chez nous, c’est les Temps modernes de Charlie Chaplin », commentait Isabelle Laforêt, secrétaire fédérale de l’Unsa Poste à l’issue de l’assemblée générale départementale, hier matin, à Quimper. « La Poste confond la modélisation du travail et le temps réel du travail. Tout est modélisé en centième de seconde, les outils d’organisation sont complètement déconnectés de la réalité », précisait-elle. L’évolution des métiers avec le numérique aux guichets, les fermetures de petits bureaux de poste et la diminution des horaires d’ouverture, les regroupements, le développement des facteurs guichetiers ont été au coeur de la réunion. « L’adaptation continue des organisations et la polyvalence à outrance nous effraient. Nous constatons une dégradation des conditions de travail, des dépassements horaires, des objectifs inatteignables, beaucoup de souffrance au travail, de burn out, notamment chez les femmes de plus de 50 ans », indiquait le syndicat réformiste qui n’a pas signé l’accord national de février dernier sur l’évolution des conditions de travail. « Le dialogue social est juridictionnalisé, on n’hésite plus à aller en contentieux », ajoutait Didier Le Gourrierec, responsable juridique de l’Unsa Poste. Alors que le syndicat s’était présenté sur des listes communes avec la CFE-CGC et la CFTC lors des dernières élections, il a annoncé faire cavalier seul pour les prochaines, en décembre 2018.