Communiqué de presse - Procès de Toulouse

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Compte-Rendu du procès de Toulouse, vu par l'UNSA-Postes - Jour 8

Procès de Toulouse 8ème jour : début 9h

La parole aux accusés

Fabien Djetcha : “Je veux dire aux victimes que je ne suis jamais allé chez elles.”

Redouane Ikil : “Je suis directeur de bureau de poste pas d’une équipe de malfrats. Mon moteur c’est ma famille, je n’aurais jamais fait une chose aussi affreuse. Je suis innocent et je me battrai toute ma vie pour faire reconnaître mon innocence.”

9h10 : la cour s’est retirée pour délibérer.

Verdict du procès de Toulouse :

15h30

Redouane Ikil est acquitté. Fabien Djetcha est condamné à 15 ans de réclusion criminelle.

Compte-Rendu du procès de Toulouse, vu par l'UNSA-Postes - Jour 7

29 juin 2017

7ème jour :

La matinée débute avec le réquisitoire du ministère public :

L’avocat Général indique que rien ne pouvait laisser présager que ces deux personnes se retrouveraient un jour dans le box des accusés. Jusqu’en 2012 leur parcours professionnel est une réussite. Aujourd’hui ils doivent rendre des comptes devant la société.

Divers éléments accusent Redouane Ikil, notamment celui-ci : “Le crime de Bellefontaine suppose la connaissance des lieux et des personnes. Il fallait savoir que la caissière arrivait plus tôt, seule jusqu’à 7h30. Elle venait bénévolement pour ne pas pénaliser les clients.” L’avocat général indique que le braquage de St Cyprien est important pour le préjudice qu’il a causé aux victimes. Autre fait : Redouane Ikil n’a pas prévenu sa hiérarchie suite à l’agression qu’il a subi à son domicile pour lui extorquer le plan du bureau de St Cyprien, car il a peur des représailles sur sa famille. D’après l’avocat général, il n’avait rien à craindre car La Poste l’aurait protégé, comme elle protège ses employés.

Pour l’avocat général, l’essentiel ce sont les victimes : Pour Élisabeth, la peur d’être brulée vive. Pour Françoise, c’est l’atrocité de l’agression, même pas de pitié pour les enfants. Pour le père, la culpabilité de ne pas avoir pu protéger sa famille.

“Pour les deux accusés nous demandons la même  peine : 30 ans” , pour extorsion de fonds, en bande organisée avec préméditation, “si l’un a exécuté l’autre a commandé”.

Commentaires UNSA-Postes: Si La Poste avait correctement protégé ses employé(e)s… ce procès n’aurait peut-être jamais eu lieu. La réelle prise en compte de la charge de travail effectuée par les caissières, une ouverture à deux…, auraient sans doute rendues ces agressions plus difficiles à réaliser, voire les aurait empêchées.

Reprise du procès 13h30

Plaidoirie des avocats de Fabien Detcha :

L’avocat de Fabien Djetcha demande aux jurés s’ils sont sûrs qu’il était chez Françoise? “S’ils ne sont pas sûrs à 200 %, s’il subsiste l’ombre d’un doute, il doit profiter à l’accusé.”

Pour le défenseur de Djetcha, les différents témoignages tendent à prouver que ce n’était pas lui qui était dans le bureau de poste avec Françoise,  il a servi de leurre pour que les vrais agresseurs puissent s’échapper pendant que la police lui courrait après.

Elisabeth ne peut pas décrire son agresseur. La seule chose que l’on peut retenir c’est que l’accusé a été intercepté à proximité du bureau de poste.

Comment a-t-il pu accepter de participer à cette opération? Pour l’avocate, il a accompagné sa mère en fin de vie, et à ce moment-là, il est fragilisé, et n’est plus en capacité de réfléchir. L’avocate demande aux jurés de donner à Djetcha une peine juste.

Plaidoiries des avocats de Redouane Ikil :

L’avocate de Redouane Ikil démonte un par un les arguments développés par l’avocat général ce matin. La plupart des renseignements qui auraient pu servir aux braquages, vous les trouvez sur le site de La Poste. Il n’y a pas de preuves, que des hypothèses de l’avocat général.

Le deuxième avocat joue sur la corde sensible des jurés. Lui aussi rajoute des éléments tendant à démontrer que c’est un acharnement contre son client. Maitre Martial demande aux jurés de prononcer l’acquittement pour Redouane Ikil. Maitre Cohen Saban rappelle aux jurés qu’ils ont preté serment et qu’ils n’ont pas le droit de condamner Redouane Ikil faute de preuves suffisantes.

Les victimes attendent le jugement qui sera rendu demain, mais elles savent déjà que quel que soit le verdict, il ne leur rendra pas leur vie d’avant.

Compte-Rendu du procès de Toulouse, vu par l'UNSA-Postes - jour 6

28 juin 2017

6 ème jour du procès de Toulouse

Témoignages de la psychologue et des policiers présents a la  Poste de St Cyprien le 2/5/2013.

L’expert psychologue évoque les effets traumatiques des braquages sur les victimes. Elles ont aujourd’hui besoin de suivis psychologiques et sont toujours très marquées des années après les faits. Il y a eu une véritable cassure entre la vie d’avant et la vie d’après. Le mari de Francoise est toujours sous traitement. Il a évoqué pendant l’expertise que sa femme était autrefois “quelqu’un de passionné par son travail”. Aujourd’hui, tout a changé. Il est en colère contre La Poste. Il tient son employeur responsable de ne pas avoir mis tout en oeuvre pour assurer la sécurité de sa femme.

Francoise est toujours sous traitement (antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères). La psychologue rappelle que Francoise est devenue très méfiante depuis ce 2 mai 2013. Le choc post-traumatique est très violent, d’autant qu’elle avait subi une attaque à main armée dans un autre bureau en 2012. La psychologue conclut qu’il faudra beaucoup de temps pour la reconstruction et la réparation. Les deux enfants de Francoise qui avaient 17 et 15 ans au moment de l’agression sont également encore très marqués : cauchemars, hyper vigilance, sentiment d’insécurité, comme pour leurs parents. Les séquelles sont également très importantes pour eux. Hier le médecin psychiatre qui a expertisé Élisabeth a également parlé de la violence de l’agression et du choc traumatique qu’elle a subi.

Nous espérons que le DRAT (Directeur Ressources et Appui aux Transformations), présent à l’audience aura écouté, entendu et compris la souffrance des victimes. Nous espérons qu’il fera le lien entre ce qu’ils ont vécu et ce qu’ils vivent toujours aujourd’hui. Pour aider à la reconstruction de chacun, La Poste se doit d’indemniser les victimes de façon exceptionnelle, puisque comme l’ont dit tous les experts : “Il s’agit d’agressions exceptionnelles”.

Plaidoirie des parties civiles

L’avocate de la partie civile relate la carrière d’Élisabeth et les faits qui se sont déroulés le 6/3/2012, et le courage dont elle a fait preuve. “Quand elle est dans le bureau, elle sait que personne ne viendra”, “elle sait qu’il faut qu’elle attende 25 minutes avec son agresseur avant que le coffre s’ouvre”. Elle ne vit plus comme avant, elle reprend le travail 4 mois après, mais pas dans un bureau, ce n’est plus possible. Elle essaie de se reconstruire, mais rien n’est plus comme avant.

Le 2ème avocat de la partie civile intervient ensuite. Il est la pour défendre les personnes qui sont derrière lui, les personnes qui ont été agressées, molestées. Pour elles, c’est la fin du bonheur, de l’insouciance. Pour la famille, il y a un “avant l’agression”, et un “après”. L’avocat décrit l’agression sauvage qu’ont subi les victimes. Ils sont réduits à la condition d’otages et sont traumatisés. Francoise va tout faire pour protéger sa famille. 4h d’angoisse et de calvaire. L’avocat décrit ensuite les traumatismes subis les années suivantes. Plus d’envies, que des “obligations” et du stress. L’avocat espère que ce procès sera la début de quelque-chose et que ça va les aider à se reconstruire.

Le procès reprend demain à 9h par le réquisitoire du ministère public.

Compte-Rendu du procès de Toulouse, vu par l'UNSA-Postes - jour 5

27/06/2017

5eme jour du procès de Toulouse

Extrait d’un témoignage d’une COFI  (Conseillère Financière): “A force de faire de la productivité, La Poste nous met en danger, car on est de moins en moins nombreux dans les bureaux.” Ces réorganisations incessantes -souvent au détriment de la sécurité- sont régulièrement mises en évidence par notre organisation syndicale, mais la direction n’écoute pas, préférant la rentabilité à l’humain.

La Poste a demandé que le Directeur de la sûreté de l’entreprise vienne témoigner à la barre. Ancien patron de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) de Paris, retraité de la police, il déclare tout d’abord qu’il est venu apporter son soutien aux victimes. Il y avait 500 hold-up par an avant à La Poste, il y en a eu seulement 47 en 2016. Pour lui cette agression n’a rien de commun et il faut “bénéficier” de porosité, voire de complicité interne pour faire un coup pareil. Les agressions durent de 2 à 3 minutes habituellement. Il n’y a eu que 5 affaires de ce type en 10 ans.

Sur son rôle, il nous informe que le Directeur de la sûreté est chargé de mettre en place les règles, les procédures et le matériel. A la question du président : “Au niveau des procédures, qu’avez vous changé?” , le Directeur répond : “C’est très compliqué de mettre en place des procédures contre ces équipes-là”… C’est tout ce que nous aurons comme réponse…

“Est ce normal que la caissière ouvre seule le bureau?” “Qu’elle vienne 45 minutes avant l’ouverture normale pour ne pas pénaliser les clients?” Ces questions ne trouveront pas de réponse, puisqu’elles n’ont  pas été posées…

Après son audition, nous nous  demandons  quelle plus-value, et quel éclairage nouveau a apporté ce spécialiste de la sécurité.

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